AURÉLIE LORILLON Graphothérapeute (Oise -60)

Apprentissage et rééducation de l’écriture Enfant – Adolescent – Adulte

Tél. : 06.14.74.45.86

48, rue des Peupliers 60320 Néry

Proche Senlis, Chantilly, Compiègne, Creil (Oise 60)

TDAH, attention et écriture : pourquoi écrire peut être si coûteux ?

🧠 « Il peut rester concentré pendant 45 minutes sur un jeu… alors pourquoi écrire pendant 10 minutes lui demande-t-il autant d’efforts ? »

C’est une question que de nombreux parents se posent lorsqu’ils constatent que leur enfant peut rester longtemps absorbé par une activité qui l’intéresse, mais rencontre rapidement des difficultés dès qu’il doit réaliser une tâche scolaire, notamment lorsqu’il s’agit d’écrire.

Pour comprendre ce paradoxe, il est important de distinguer attention et concentration.

Attention et concentration : quelle différence ?

L’attention correspond notamment à la capacité à orienter ses ressources vers une information ou une tâche, à sélectionner ce qui est important et à se détourner des éléments qui ne le sont pas.

La concentration correspond davantage à la capacité à maintenir son engagement attentionnel sur une activité pendant un certain temps, malgré les distractions ou le manque de stimulation.

Chez un enfant avec TDAH, le problème n’est donc pas nécessairement de « savoir se concentrer ». Il s’agit davantage de réussir à piloter son attention : la diriger vers ce qui est demandé, la maintenir lorsque la tâche est peu stimulante et la ramener lorsqu’elle s’échappe.

Son attention peut être attirée très facilement par un bruit, une pensée, un mouvement autour de lui ou une autre information plus intéressante. À l’inverse, une activité qui suscite fortement son intérêt peut mobiliser son attention beaucoup plus facilement.

C’est ce qui peut donner l’impression que l’enfant « peut se concentrer quand il veut ». En réalité, la capacité à maintenir son attention peut varier considérablement selon la tâche, son intérêt, son niveau de stimulation et l’effort qu’elle demande.

Pourquoi l’écriture peut-elle être particulièrement exigeante ?

L’écriture scolaire est une activité beaucoup plus complexe qu’elle n’en a l’air.

Lorsque l’enfant écrit, il ne fait pas uniquement « des lettres ». Il doit gérer simultanément de nombreuses informations :

  • comprendre et garder en mémoire la consigne ;
  • réfléchir à ce qu’il veut écrire ;
  • organiser ses idées ;
  • trouver les mots ;
  • penser à l’orthographe ;
  • former les lettres et les enchaîner ;
  • contrôler son geste et son outil ;
  • respecter la ligne et la présentation ;
  • surveiller sa production ;
  • parfois se relire et corriger ses erreurs.

Toutes ces opérations doivent être coordonnées en même temps.

Pour un enfant avec TDAH, cette accumulation de demandes peut représenter une charge attentionnelle importante. Il peut alors être plus difficile de rester engagé dans la tâche, de garder en tête ce qu’il voulait écrire ou de revenir à son travail après une distraction.

Et lorsque l’écriture elle-même demande déjà beaucoup d’efforts, la difficulté peut encore augmenter.

Quand le geste d’écriture devient lui-même coûteux

Certains enfants rencontrent des difficultés particulières dans leur écriture : geste peu fluide, tenue de crayon peu fonctionnelle, mauvaise mobilité des doigts, pression importante, difficultés à enchaîner les lettres, écriture lente, fatigabilité, douleurs ou perte de lisibilité lorsque la cadence augmente.

Dans ce contexte, l’enfant doit consacrer une partie importante de ses ressources à la réalisation même du geste graphique.

Il peut alors se retrouver dans une situation où il doit à la fois :

penser à ce qu’il veut écrire + gérer comment il va l’écrire + rester attentif à la consigne.

La tâche devient alors particulièrement coûteuse.

On peut comparer cela à une route : plus la conduite demande d’efforts, plus il est difficile de rester disponible pour regarder les panneaux, réfléchir à sa destination ou anticiper ce qui arrive.

De la même manière, plus l’écriture est coûteuse, plus elle peut mobiliser de ressources qui ne sont alors plus disponibles pour le contenu et les apprentissages.

C’est là que la graphothérapie peut avoir un rôle

L’objectif de la graphothérapie est notamment de réduire autant que possible les difficultés liées à l’écriture, afin de rendre le geste graphique plus efficace, plus confortable et moins coûteux.

Le travail peut porter, selon les besoins de l’enfant, sur différents aspects : la posture, la tenue de l’outil, la mobilité des doigts, la formation et l’enchaînement des lettres, la fluidité du geste, l’organisation spatiale ou encore la capacité à adapter son écriture aux différentes situations.

L’objectif n’est pas simplement d’obtenir une écriture « plus jolie ».

Il s’agit surtout de permettre à l’enfant de dépenser moins d’énergie pour produire son écriture.

Libérer des ressources pour ce qui compte vraiment

Lorsqu’un enfant doit consacrer une grande partie de son attention à contrôler son écriture, il lui reste moins de ressources disponibles pour réfléchir au contenu de son travail.

À l’inverse, lorsque le geste devient plus efficace et plus confortable, l’écriture peut prendre moins de place dans son effort global.

L’enfant peut alors progressivement être davantage disponible pour :

  • réfléchir à ses idées ;
  • mémoriser une information ;
  • comprendre une consigne ;
  • organiser sa réponse ;
  • mobiliser ses connaissances ;
  • se relire ;
  • aller au bout de son travail.

L’objectif n’est donc pas que l’enfant dépense toute son énergie à « comment écrire », mais qu’il puisse progressivement consacrer davantage de ressources à « ce qu’il veut écrire ».

TDAH et difficultés d’écriture : une combinaison qui mérite d’être comprise

Tous les enfants avec TDAH ne présentent pas nécessairement de difficultés d’écriture. Mais lorsqu’un enfant présente à la fois une attention fluctuante et une écriture qui lui demande beaucoup d’efforts, les deux difficultés peuvent se renforcer dans les situations scolaires.

Une tâche d’écriture longue peut ainsi devenir particulièrement fatigante : l’enfant doit maintenir son attention, gérer de nombreuses informations et contrôler son geste pendant plusieurs minutes.

Il peut alors donner l’impression de « décrocher », de « ne pas faire d’efforts » ou de « bâcler son travail », alors qu’il est parfois simplement arrivé au bout de ses ressources disponibles.

Comprendre ce mécanisme permet de changer de regard sur ses difficultés.

Il ne s’agit pas seulement de lui demander de « faire plus attention » ou de « se concentrer davantage ». Il peut également être nécessaire de chercher comment rendre la tâche moins coûteuse.

Et c’est précisément dans cette démarche que l’accompagnement en graphothérapie peut s’inscrire : alléger au maximum les difficultés de l’écriture pour permettre à l’enfant de retrouver davantage de confort, d’efficacité et de disponibilité pour ses apprentissages.

💡 C’est justement l’un des objectifs de la graphothérapie : alléger au maximum les difficultés liées à l’écriture afin de rendre le geste graphique plus efficace, plus confortable et moins coûteux.

L’idée n’est pas que l’enfant dépense toute son énergie à comment écrire, mais qu’il puisse progressivement avoir davantage de ressources disponibles pour ce qu’il veut écrire : ses idées, ses connaissances et ses apprentissages.

 

Petits jeux :

test d’attention sélective :